Paper Works

Note d’intention curatoriale

Commissaire d’exposition : wei-yang lee

Mon premier n’est ni exotique, ni lointain, ni le vestige d’une nostalgie tolkienienne. Fermons les yeux : il est là, vivant, entrant dans notre souffle par l’air, par la vibration. Nous en avons fait une allégorie, un idéal, un réservoir de symboles : L’arbre.

Mon second traverse les langues, les empires, les pénuries et les guerres. Il garde parfois mieux que les hommes la mémoire de leurs ruines, tout en devenant transmission et survivance. J’ai vu tomber les rois, les peuples se soulever, les cités se ruiner et les terres être dévastées. Métamorphose de fibres, d’eau, de gestes et de temps. Toi et moi, nous sommes les survivants des récits, des mutations et des pandémies : Le papier.

Mon troisième est pluriel. Il est à la fois objet et sujet. Il habite cet entre-temps qui conserve ce que l’histoire déchire : nos combats collectifs, moraux et éthiques : le travail, le geste et les œuvres.

Mon tout désigne un travail du papier, un savoir-faire, un ensemble de techniques qui ne sépare pas nature et culture, mais révèle l’idiosyncrasie incessante de ce qui les relie. Simple et matériel, il ouvre d’emblée vers une pensée ouverte.

Il dit à la fois l’œuvre, le travail,

et

ce qui tient encore.

Introduction

Paper Works s’inscrit dans la continuité du projet Nous Sommes Papiers, présenté en mars 2025 à l’espace ADM à Versailles. Ce nouveau chapitre prolonge et approfondit la réflexion engagée autour du papier comme médium artistique contemporain, en explorant ses dimensions plastiques, relationnelles et politiques.

Support humble, quotidien et fragile, le papier se trouve pourtant au cœur de nos constructions symboliques et mémorielles. Il porte des traces, des récits, des identités ; il archive, certifie, autorise ou interdit. Il est à la fois matière première et support d’inscription, objet matériel et vecteur de pensée.

30 artistes réunis dans Paper Works interrogent ce médium dans ses usages contemporains : qu’il s’agisse de recherches plastiques, d’exploration conceptuelle ou de réflexion sur les structures sociales et politiques qui traversent nos sociétés.

L’exposition considère le papier non comme un simple support, mais comme un espace actif de production de sens, de relation et de résistance.